Un parfum de Lanvin au camp d’Auschwitz-Birkenau, en avril 1944
Dans son livre de souvenirs « Une Vie » récemment édité chez Stock, Simone Veil rapporte une « toute petite » anecdote dérisoire et émouvante concernant la jeune fille de 17 ans qui venait d’être précipitée avec sa mère et sa sœur dans l’enfer d’un camp de concentration.
A son arrivée au camp d’Auschwitz, on leur confisque brutalement tous leurs biens : vêtements, objets bijoux…
Une amie arrêtée le même jour qu’elle possède un petit flacon de parfum Lanvin : « Elle m’a dit : on va nous le prendre. Mais moi, je ne veux pas le donner, mon parfum. Alors, à trois ou quatre filles, nous nous sommes aspergées de parfum, notre dernier geste d’adolescentes coquettes »…
Quelques gouttes de rêve et de tendresse avant de balancer dans un fleuve d’horreur. Un lien minuscule et éphémère entre la vie d’avant, et celle qui vous attend….un souvenir de jeune fille venant d’une femme si respectée.

